Eixample signifie en catalan l'extension (élargissement, agrandissement / ensanche en castillan) , et il représente effectivement la principale extension urbaine planifiée de Barcelone. Elle est l'œuvre de l'urbaniste Ildefons Cerdà.
C'est un quartier qui s’est imposé dès 1860, après la démolition des remparts médiévaux. Aujourd‘hui, c'est un vaste quartier commercial et résidentiel. Avec son croisement d’avenues perpendiculaires, il illustre une nouvelle vision de la ville.
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le développement de la ville de Barcelone s'est limitée à un renouvellement du tissu urbain de son centre médiéval, cerné par des fortifications, propriétés de l'armée. Le déclassement de ces dernières, jugées obsolètes, permet à la ville d'envisager un développement hors les murs.
En 1859, le gouvernement central de Madrid adopte le plan de développement de l'ingénieur Ildefons Cerdà. Les notables barcelonais, refusant la décision de Madrid, organisent un concours entre les architectes les plus réputés de Catalogne. Antoni Rovira i Trias l'emporte en proposant un plan de ville radial-concentrique. Le gouvernement central d'Isabelle II persiste cependant à considérer son plan comme nettement plus moderne et ouvert et impose, non sans difficultés, le projet Eixample de Cerdà aux Barcelonais.
La construction de ce quartier s'étalera jusqu'au début du Xe siècle. Les architectures employées seront un fidèle reflet de modes de l'époque, avec notamment une présence ponctuelle, mais significative du modernisme (modernismo), branche catalane de l'Art nouveau. Antoni Gaudí y réalisera une grande partie de ses œvres, notamment la Sagrada Família, la Casa Milà, le Palau Güell ou la Casa Batlló.
L'architecture du modernismo étant particulièrement expressive, la coexistence de plusieurs œvres peut créer certaines dissonances, notamment dans un contexte où l'homogénéité représentait la règle. C'est ainsi le cas pour ce que les Barcelonais nomment la Illa de la Discórdia (l'îlot de la discorde), où sont juxtaposés la Casa Batlló, la Casa Amatller de Puig i Cadafalch et la Casa Lleó Morera de Lluís Domènech i Montaner.
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